Premières chaleurs : le révélateur invisible des réseaux d’évacuation
Chaque année, les premières chaleurs révèlent des déséquilibres invisibles sur les réseaux EU/EV des bâtiments tertiaires, générant odeurs, plaintes occupantes et interventions correctives.
Hall d’accueil, sanitaires, locaux techniques, gaines techniques ou sous-sols… les nuisances olfactives deviennent soudainement beaucoup plus perceptibles.
Ce que beaucoup considèrent comme un simple désagrément saisonnier est souvent le symptôme d’un réseau déjà fragilisé.
Avec la chaleur, plusieurs phénomènes s’accélèrent :
- développement microbiologique dans les biofilms ;
- évaporation plus rapide des siphons peu sollicités ;
- fermentation des matières organiques stagnantes ;
- augmentation des remontées gazeuses dans les réseaux.
Dans les bâtiments tertiaires occupés, ces problématiques deviennent particulièrement visibles entre avril et septembre.
Voir également notre article sur les biofilms dans les réseaux EU/EV
Pourquoi les fortes chaleurs fragilisent les réseaux EU/EV des bâtiments tertiaire
Selon Météo-France et l’ONERC, les épisodes de chaleur sont désormais plus fréquents, plus longs et plus intenses qu’auparavant.
Quelques chiffres clés :
- avant 2000, la France connaissait environ 2 jours de vague de chaleur par an;
- entre 2011 et 2020, cette moyenne est passée à 10 jours par an ;
- l’année 2022 a enregistré 33 jours de vague de chaleur, un record historique ;
- l’été 2023 s’est classé comme le 4e été le plus chaud depuis 1900 ;
- 2024 figure parmi les 5 années les plus chaudes jamais enregistrées en France ;
- en 2025, la France a connu 27 jours en conditions de vague de chaleur.
Cette évolution augmente mécaniquement les contraintes sur les réseaux EU/EV des bâtiments tertiaires.
Dans les sites occupés, la chaleur agit souvent comme un révélateur :
- de stagnations invisibles;
- de déséquilibres hydrauliques ;
- de défauts de ventilation ;
- d’équipements techniques fragilisés ;
- de biofilms déjà installés dans les réseaux.
Les 7 signaux qui doivent vous alerter avant l’été
1. Des odeurs apparaissent dans des zones pourtant peu utilisées ?
Sanitaires secondaires, étages partiellement occupés, locaux techniques ou espaces vacants : certaines zones deviennent soudainement odorantes dès les premières chaleurs.
Dans de nombreux cas, ce type de nuisance révèle un déséquilibre plus profond dans le fonctionnement du réseau.
“C’est le moment idéal pour identifier les points de faiblesse de votre réseau. Des odeurs vont apparaître et nous saurons les traquer. Il nous sera ensuite possible de vous proposer des solutions durables afin de mettre un terme à ces odeurs et à prévenir leur réapparition.”
Boris Aimée , Directeur technique et Associé Alsbom
2. Certaines odeurs reviennent malgré les interventions classiques ?
Lorsque les nuisances réapparaissent quelques jours ou semaines après une intervention, cela peut indiquer :
- un déséquilibre structurel ;
- un biofilm installé ;
- un problème de circulation réseau ;
- une origine différente de celle initialement identifiée.
Dans les bâtiments tertiaires, les approches ponctuelles traitent souvent le symptôme… sans résoudre la cause réelle.
3. Les nuisances apparaissent à certaines heures ou selon l’occupation du bâtiment ?
Certaines odeurs deviennent plus présentes :
- en fin de journée ;
- lors des pics d’occupation ;
- après plusieurs jours d’inactivité ;
- lors des variations de température.
Ces comportements intermittents rendent les diagnostics particulièrement complexes sur les réseaux EU/EV.
“Les odeurs intermittentes sont celles qui donnent le plus de fil à retordre aux équipes car, comme leur nom l’indique, elles sont aléatoires et nous avons besoin de pouvoir les constater par nous mêmes afin de les anlyser olfactivement. Nous mettons tout en oeuvre pour tenir un équipier à disposition afin d’aller effectuer cette analyse dès l’appel d’un client et avant que l’odeur ne disparaisse.”
Boris Aimée , Directeur technique et Associé Alsbom
4. Les interventions deviennent plus fréquentes à l’approche de l’été ?
Lorsque les demandes correctives augmentent systématiquement entre avril et septembre, cela peut révéler :
- des stagnations chroniques ;
- des déséquilibres hydrauliques ;
- des accumulations organiques ;
- une sensibilité accrue du réseau aux variations thermiques.
Les premières chaleurs agissent souvent comme un accélérateur de problèmes déjà présents.
5. Certaines zones du bâtiment semblent plus touchées que d’autres ?
Sous-sols, gaines techniques, sanitaires spécifiques ou zones peu ventilées : certaines parties du bâtiment concentrent souvent les signalements.
Ce type de récurrence géographique constitue généralement un indicateur important dans l’analyse du réseau.
« L’assèchement des sanitaires les moins utilisés, notamment ceux situés dans les locaux techniques, constitue souvent l’une des premières sources d’odeurs et d’apparition d’insectes lors des premières chaleurs. »
Boris Aimée , Directeur technique et Associé Alsbom
6. Les nuisances persistent malgré les opérations de maintenance habituelles ?
Dans certains bâtiments, les odeurs persistent malgré :
- les nettoyages ;
- les traitements ponctuels ;
- les interventions curatives ;
- les opérations de maintenance classiques.
Cela peut indiquer que le problème ne provient pas uniquement de l’entretien, mais du comportement global du réseau.
7. Vous commencez à recevoir des plaintes occupants avant l’été ?
Dans les bâtiments tertiaires occupés, les nuisances réseau deviennent souvent visibles lorsque les occupants commencent à les signaler.
À ce stade :
- les déséquilibres sont généralement déjà installés ;
- les interventions deviennent plus urgentes ;
- les contraintes d’exploitation augmentent ;
- les opérations doivent être réalisées sans perturber l’activité du site.
Dans de nombreux cas, les premières chaleurs ne créent pas le problème : elles le révèlent.
« Des contrôles préventifs peuvent être réalisés en amont, mais les premières chaleurs restent souvent le moment où les déséquilibres réseau deviennent réellement perceptibles. C’est généralement à ce stade que certains signaux faibles commencent à apparaître dans les bâtiments occupés. »
Boris Aimée , Directeur technique et Associé Alsbom
Le vrai enjeu : éviter que le sujet devienne une urgence d’exploitation
Dans les bâtiments tertiaires, une nuisance réseau ne se limite pas à un sujet de confort.
Elle peut rapidement devenir :
- un problème d’exploitation ;
- une source de plaintes occupants ;
- un risque d’intervention hors horaires ;
- un sujet d’image pour le gestionnaire ou le propriétaire ;
- une perturbation de la continuité de service.
Avec l’augmentation des épisodes de chaleur, ces problématiques deviennent plus fréquentes et plus visibles.
L’enjeu n’est donc plus uniquement de traiter une odeur, mais d’identifier les déséquilibres réseau avant qu’ils ne deviennent critiques.
ALSBOM accompagne les gestionnaires et exploitants tertiaires dans l’identification des déséquilibres réseau avant qu’ils ne deviennent des urgences d’exploitation.
Sources
- ONERC / Ministère de la Transition écologique – Rapport sur les vagues de chaleur :
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/ONERC_2023_VDC.pdf - Météo-France – 2022, année la plus chaude en France : https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/2022-annee-la-plus-chaude-en-france
- Météo-France – Bilan climatique été 2023 : https://meteofrance.fr/sites/default/files/files/editorial/2023.09.04_Bilan_ete_2023_0.pdf
- Météo-France – Bilan climatique 2024 : https://meteofrance.fr/actualite/presse/bilan-climatique-2024-en-france
- Météo-France – Été 2025 parmi les plus chauds enregistrés : https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/lete-2025-au-3-rang-des-etes-les-plus-chauds
- INRS – Prévention du risque légionellose : https://www.inrs.fr/dam/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6526.pdf
- Santé publique France – Air et environnements intérieurs : https://www.santepubliquefrance.fr/air-et-environnements-interieurs/publications
- Schell – Température et prolifération bactérienne dans les réseaux : https://www.schell.eu/fr-fr/blog/blog-hautnah/la-prudence-est-de-mise-avec-les-canalisations-deau-froide-comment-eviter-les-legionelles-et-pseudomonas-aeruginosa/