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Test fumigène en site occupé : contraintes d'exploitation et intervention en nuitée
Le test fumigène est l'outil qui transforme une plainte en un point sur un plan. De la fumée est injectée dans le réseau d'évacuation ; elle ressort exactement par où les gaz ressortent. Sur un immeuble en exploitation, la difficulté n'est pas technique : c'est de faire le test sans déclencher la détection incendie, sans gêner les occupants et en accédant à tous les plateaux. C'est ce qui décide de l'heure à laquelle on le fait.
Ce que fait le test, et ce qu'il montre
Le réseau d'évacuation est un volume fermé qui ne doit communiquer avec l'extérieur qu'en toiture. Le test consiste à remplir ce volume d'une fumée visible et à regarder où elle sort. Les techniciens obturent la colonne en pied (ou au regard), y injectent la fumée avec un générateur, la mettent en légère surpression avec un ventilateur, puis parcourent les étages.
- Ce que la fumée montre : un siphon sec (la fumée en sort à flots), un joint ou un manchon défectueux, un regard non étanche, un raccordement abandonné ouvert sous un plancher, un tampon de visite mal fermé, une culotte fendue dans une gaine. Et, en toiture, la sortie de ventilation : si la fumée n'y sort pas, la ventilation primaire est en cause.
- Ce qu'elle produit : une localisation, une photo datée à chaque point de sortie, et une liste de réparations ciblées. Le rapport de la recherche d'odeurs s'appuie sur ces photos.
- Ce qu'elle ne montre pas : les cheminements masqués (branchement abandonné derrière un mur, ancien réseau non bouché), que la fumée ne peut atteindre ou dont la sortie n'est pas visible. C'est le cas de l'immeuble Ardeko, où le fumigène injecté au quatrième n'est pas ressorti au sixième : la caméra a trouvé une culotte en Y non raccordée derrière une cloison.
La fumée utilisée est celle des générateurs de test d'étanchéité : dense, blanche, sans odeur agressive, sans résidu ni trace sur les surfaces. Elle se dissipe en quelques minutes une fois les locaux ventilés. Le test est la deuxième étape de la recherche d'odeurs décrite dans le dossier odeurs persistantes dans un immeuble tertiaire, après l'enquête auprès des occupants qui dit où regarder.
Ce qu'il faut avoir préparé
- Le plan des colonnes, ou à défaut un repérage des gaines et des regards avec le mainteneur. Sans plan, la première heure sert à le reconstituer.
- L'accès aux points d'injection : regards en pied d'immeuble, tampons de visite en pied de colonne, gaines techniques. Certains sont dans des locaux preneurs.
- L'accès à tous les étages desservis par la colonne testée, y compris les plateaux fermés et les sanitaires condamnés : c'est là que la fumée sort.
- Le PC sécurité et le mainteneur SSI prévenus, pour la mise en mode test de la détection incendie sur les zones concernées.
- L'information des preneurs : date, heures, zones, et ce qu'ils verront ou sentiront s'ils sont présents.
Les contraintes d'exploitation et comment on les traite
| Contrainte | Pourquoi elle compte | Ce que l'on fait |
|---|---|---|
| Détection incendie | Une fumée dense dans un plateau déclenche les détecteurs optiques, l'alarme et parfois l'évacuation | Mise en mode test ou en surveillance des zones concernées par le PC sécurité, avec un agent présent ; retour en service et essai à la fin |
| Occupants présents | La fumée est inoffensive mais visible et inquiétante ; le test suppose d'entrer partout | Test hors présence (nuitée, samedi) ou zones libérées, information préalable |
| Plateaux des preneurs | Chaque preneur contrôle l'accès à ses locaux et à ses sanitaires | Accès organisés par le gestionnaire, badges, accompagnement |
| Locaux sensibles (salles informatiques, cuisines, archives) | Détection spécifique, procédures d'accès, hygiène | Colonnes traitées séparément, à un horaire convenu, sans fumée dans les zones sous détection spécifique |
| Ventilation des locaux | Une centrale de traitement d'air en marche disperse la fumée avant qu'on la voie | Réduction ou arrêt temporaire de la ventilation de la zone, avec le mainteneur CVC |
| Étanchéité des obturations | Une obturation qui fuit fait sortir la fumée au mauvais endroit | Obturateurs gonflables, contrôle en début de test |
Pourquoi la nuitée, et quand la journée suffit
Sur une tour ou un siège social, tout pousse vers la nuit : les plateaux sont vides, la détection peut être mise en mode test sans évacuer, la ventilation peut être réduite, les gaines et les sanitaires sont accessibles sans déranger personne, et la fumée se voit. Une nuitée permet de tester plusieurs colonnes à la suite et de finir par l'inspection caméra des points douteux.
La journée suffit dans trois cas : un petit site ou un commerce dont les locaux peuvent être libérés quelques heures ; un test limité au sous-sol et aux regards extérieurs, sans fumée dans les locaux occupés ; une colonne qui dessert des plateaux vides. Sur l'agence de voyage, le test s'est fait à l'extérieur, en journée, pour montrer que les gaz du réseau public entraient par la structure du bâtiment.
Le choix se fait lors du cadrage, avec le gestionnaire. Ce qu'il change pour lui : une nuitée demande un agent, des accès et une information des preneurs ; elle évite en contrepartie toute gêne et donne un résultat complet en une fois.
Ce qui suit le test
- Les traceurs, colorés ou odorants, confirment un cheminement entre deux réseaux ou entre deux locaux quand la fumée laisse un doute.
- L'inspection caméra cherche ce que la fumée n'a pas montré : branchements abandonnés, anciens réseaux non bouchés, contre-pentes, dépôts qui fermentent.
- Le rapport réunit les photos de chaque point de sortie, la source identifiée et les actions, classées entre entretien, réparation et travaux.
- La contre-épreuve : après réparation, un second test sur la colonne concernée vérifie que plus rien ne sort. C'est la preuve que demande le preneur.
ALSBOM réalise ces tests avec ses équipes internes, en journée ou en nuitée selon le site, avec un interlocuteur unique pour le gestionnaire et le PC sécurité. Le rapport est remis sous quelques jours.
Questions fréquentes
Le test fumigène déclenche-t-il la détection incendie ?
Oui si rien n'est prévu : la fumée est dense et les détecteurs optiques y réagissent. Le test se fait donc avec le PC sécurité, qui met les zones concernées en mode test ou en surveillance, avec un agent présent, puis remet la détection en service à la fin.
La fumée du test est-elle nocive ou salissante ?
Non. Les générateurs de test produisent une fumée dense, blanche, sans résidu ni trace sur les surfaces, qui se dissipe en quelques minutes une fois les locaux ventilés. Le test se fait tout de même hors présence des occupants, ou après information.
Faut-il forcément une intervention de nuit ?
Sur une tour ou un siège social, oui en pratique : plateaux vides, détection en mode test sans évacuer, accès aux gaines et aux sanitaires. Sur un petit site, un commerce, ou un test limité au sous-sol et aux regards extérieurs, la journée suffit.
Que trouve un test fumigène, et que ne trouve-t-il pas ?
Il trouve les défauts d'étanchéité par où les gaz sortent : siphons secs, joints, manchons, regards, raccordements abandonnés ouverts, et il vérifie la sortie en toiture. Il ne trouve pas les cheminements masqués derrière un mur ou sous un plancher, que l'inspection caméra révèle.
Le dossier complet : l'odeur dans un bâtiment occupé
Cet article fait partie du dossier sur les odeurs persistantes en immeuble tertiaire : lire l'odeur, ce que le gestionnaire vérifie en 48 heures, la recherche d'odeurs en site occupé, la réponse aux occupants.
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