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Siphons désamorcés sur les plateaux partiellement occupés : l'effet du flex office sur les réseaux
Le plateau du quatrième est occupé deux jours par semaine, les sanitaires de l'aile nord ont été condamnés au dernier réaménagement, et l'odeur du lundi matin est devenue un sujet de comité de site. Ces trois faits n'en font qu'un : des siphons qui se vident faute d'usage. C'est la cause d'odeur la plus simple à comprendre et la plus fréquente depuis le passage au flex office, et elle ne se règle pas par un curage.
Ce qu'est une garde d'eau, et à quelle vitesse elle disparaît
Sous chaque appareil (lavabo, urinoir, évier, siphon de sol) se trouve un coude rempli d'eau. Cette eau, la garde d'eau, est la seule chose qui sépare l'air du local des gaz de la colonne. Les règles de l'art fixent sa hauteur à 50 mm au minimum. Tant que l'appareil sert, chaque écoulement la renouvelle.
Sans écoulement, elle s'évapore. La vitesse dépend de la température du local, de l'hygrométrie et du mouvement d'air, mais l'ordre de grandeur est d'un millimètre par jour dans des bureaux chauffés et ventilés : un siphon standard est désamorcé en trois à six semaines. Un siphon de sol de local technique, sous une ventilation mécanique, l'est plus vite. Les cuvettes de WC résistent mieux, leur garde d'eau étant plus grande, mais elles finissent par se vider aussi.
Une fois le siphon sec, le plateau est en communication directe avec le réseau. C'est la première cause à écarter dans le dossier odeurs persistantes dans un immeuble tertiaire, parce qu'elle se vérifie en 48 heures et sans prestataire.
Ce que le flex office a changé dans les réseaux
Avant, un immeuble de bureaux était occupé cinq jours sur sept, plateau par plateau, et chaque point d'eau servait tous les jours. La réduction des surfaces et le travail hybride ont créé une situation que les réseaux n'ont pas été conçus pour supporter : des plateaux à mi-occupation, des ailes fermées, des sanitaires condamnés plutôt que déposés, des kitchenettes qui ne servent que le mardi et le jeudi.
| Point d'eau | Ce qui se passe | Ce que l'on observe |
|---|---|---|
| Sanitaires condamnés au réaménagement | Siphons et cuvettes secs en quelques semaines, souvent derrière une porte fermée à clé | Odeur dans le couloir ou le plateau voisin, plus forte le lundi |
| Kitchenette d'un plateau peu occupé | Évier et lave-vaisselle sans écoulement ; dépôts de graisses qui fermentent dans le siphon | Odeur aigre localisée, qui suit l'usage |
| Urinoirs à faible débit ou sans eau | Garde d'eau mince, urine concentrée, tartre urinaire rapide | Odeur d'ammoniac aux sanitaires, colonne qui s'entartre |
| Siphons de sol des locaux techniques, des locaux déchets et des douches | Jamais utilisés en fonctionnement normal ; les premiers secs de l'immeuble | Odeur d'égout en sous-sol ou en pied de colonne, qui remonte par les gaines |
| Colonnes de plateaux vides | Débits trop faibles pour entraîner les matières ; dépôts et fermentation | Odeur diffuse sur plusieurs étages, refoulements en pied de colonne |
L'article d'origine de cet article datait du printemps 2020 : les bureaux étaient vides, et nous conseillions de faire couler l'eau lors des rondes. Ce qui était une parenthèse est devenu le fonctionnement normal d'une partie du parc, et la consigne provisoire doit devenir une consigne d'exploitation.
L'autre façon de vider un siphon : la dépression
Un siphon peut aussi se vider en une seconde, sans évaporation. Quand une chasse d'eau ou un écoulement important descend dans une colonne dont la ventilation primaire est obstruée, l'air de la colonne est entraîné et une dépression se crée derrière : elle aspire la garde d'eau des siphons raccordés. Le siphon a été rempli le matin, il est vide à midi, et personne ne comprend.
Ce cas se reconnaît à un signe : le siphon se vide même sur un appareil utilisé. Il ne relève pas de la consigne de remise en eau mais d'un contrôle de la ventilation en toiture, traité dans l'article sur la ventilation primaire obstruée. Les deux causes se cumulent souvent sur les plateaux peu occupés : gardes d'eau minces, donc plus faciles à aspirer.
La consigne d'exploitation qui tient
Une remise en eau ponctuelle, décidée après une plainte, règle l'odeur pour un mois. Une consigne, intégrée aux rondes, la règle pour de bon. Elle tient en cinq lignes.
- Inventorier les points d'eau inutilisés, plateau par plateau : sanitaires condamnés, kitchenettes, douches, siphons de sol des locaux techniques et des locaux déchets. La liste est courte à faire et personne ne l'a.
- Confier la remise en eau à une ronde existante (sécurité, maintenance multitechnique) : faire couler chaque point une minute, actionner les urinoirs, ne tirer les chasses que si la cuvette est visiblement basse.
- Fixer la fréquence à une semaine, deux au maximum en hiver dans des locaux peu chauffés. Au-delà, on court après l'évaporation.
- Tracer le passage sur la feuille de ronde. Le jour où une odeur revient, la trace dit si la cause est ailleurs.
- Ajouter la remise en eau au retour de chaque fermeture : congés d'été, fin d'année, plateau libéré par un preneur.
Les équipements pour les points durablement inutilisés
- Siphons à garde d'eau permanente ou à membrane : un clapet souple ferme le passage quand il n'y a pas d'écoulement ; la garde d'eau n'est plus la seule barrière. C'est la solution des siphons de sol des locaux techniques et des douches.
- Obturation des points condamnés : un point d'eau condamné pour plus d'un trimestre se bouche proprement (bouchon vissé sur l'évacuation, robinet d'arrêt fermé) plutôt que de rester raccordé et sec derrière une porte fermée.
- Dépose lors des réaménagements : quand un plateau est réaménagé, les évacuations abandonnées doivent être bouchées à la colonne, pas seulement sous le plancher. Un raccordement abandonné ouvert est un cheminement permanent, que seul un fumigène retrouvera.
- Contrôle des débits des urinoirs : un urinoir sans eau ou à débit réduit demande un entretien de sa colonne adapté ; sans lui, le tartre urinaire réduit la section en un à deux ans.
Sur les immeubles qu'ALSBOM suit, les points d'eau inutilisés font partie de l'inventaire du réseau, et leur remise en eau ou leur obturation est vérifiée lors des passages de contrôle. C'est une ligne du plan de maintenance, pas une intervention.
Questions fréquentes
En combien de temps un siphon se vide-t-il sans utilisation ?
L'évaporation est de l'ordre d'un millimètre par jour dans des bureaux chauffés et ventilés ; une garde d'eau de 50 mm disparaît en trois à six semaines. Les siphons de sol sous ventilation mécanique se vident plus vite, les cuvettes de WC plus lentement.
Comment savoir si l'odeur vient d'un siphon sec ?
Remettre en eau tous les points du secteur, y compris ceux des sanitaires condamnés et des locaux techniques, et attendre 48 heures. Si l'odeur ne revient pas, c'était une garde d'eau. Si un siphon se vide en quelques heures sur un appareil utilisé, la cause est une dépression, donc la ventilation en toiture.
Faut-il condamner ou déposer les sanitaires d'un plateau vide ?
Pour une vacance de plus d'un trimestre, obturer les évacuations proprement (bouchon sur l'évacuation, arrêt d'eau fermé) vaut mieux qu'une condamnation par une porte fermée. Lors d'un réaménagement, les évacuations abandonnées se bouchent à la colonne.
La remise en eau hebdomadaire gaspille-t-elle de l'eau ?
Une minute d'écoulement par point, une fois par semaine, représente quelques litres. C'est sans commune mesure avec une intervention d'urgence, et les chasses ne se tirent que si la cuvette est visiblement basse.
Le dossier complet : l'odeur dans un bâtiment occupé
Cet article fait partie du dossier sur les odeurs persistantes en immeuble tertiaire : lire l'odeur, ce que le gestionnaire vérifie en 48 heures, la recherche d'odeurs en site occupé, la réponse aux occupants.
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