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Pourquoi l'odeur revient trois semaines après le passage du camion

Le camion est passé, la colonne a été curée, le preneur a été rassuré. Trois semaines plus tard, la même odeur, au même endroit, et c'est au gestionnaire de l'expliquer. Ce cycle n'est pas une fatalité ni une malfaçon du prestataire : c'est le résultat prévisible d'une intervention qui a traité les dépôts alors que le problème était un passage. Cet article explique la mécanique, et ce qui la casse.

Mis à jour le · Rédaction ALSBOM

Le cycle des trois semaines

Un réseau d'évacuation produit des gaz en permanence : la matière organique qui y transite se décompose, avec ou sans dépôts. Le réseau est conçu pour que ces gaz restent dans les canalisations et sortent par la ventilation en toiture. Dans un immeuble sain, les occupants ne les sentent jamais.

Quand une odeur atteint un plateau, c'est qu'une barrière a cédé entre la colonne et le local. Le curage intervient sur autre chose : il retire les dépôts qui tapissent la colonne. Il réduit donc pendant quelques semaines la quantité de gaz produite, ce qui explique l'accalmie. Puis le biofilm se reconstitue, la production reprend, et les gaz empruntent le même passage qu'avant. Deux à quatre semaines, c'est le temps qu'il faut à l'activité biologique pour revenir à son niveau.

Le dossier odeurs persistantes dans un immeuble tertiaire détaille l'ensemble des causes et du diagnostic. Cet article s'arrête sur la seule question du retour : pourquoi une intervention réussie sur les dépôts ne change rien à l'odeur.

Les cinq cheminements que le curage ne touche pas

CheminementPourquoi le curage n'y change rienCe qui le localise
Siphon dont la garde d'eau s'est évaporée (sanitaires condamnés, siphon de sol, point d'eau d'un plateau vide)Le siphon reste sec après le passage du camion ; la colonne propre communique toujours avec le localRemise en eau et observation sous 48 heures
Ventilation primaire obstruée ou coupée en toitureLes gaz cherchent une autre issue et aspirent au passage la garde d'eau des siphons voisinsContrôle de l'évent en toiture terrasse, test fumigène
Joint, manchon, regard ou raccordement abandonnéLe défaut d'étanchéité est sur la paroi ou à un raccord, pas dans les dépôtsTest fumigène : la fumée sort exactement là où les gaz sortent
Dépression créée par la ventilation des locauxLa centrale de traitement d'air ou l'extraction des sanitaires aspire les gaz du réseau par le moindre défautMesure des pressions avec le mainteneur CVC, fumigène
Ouvrage saturé en sous-sol (bac à graisses, fosse de relevage)La colonne curée n'est pas la source ; les gaz remontent par les gaines depuis le sous-solInspection des ouvrages, traceurs odorants

Dans les quatre premiers cas, la colonne curée n'était même pas nécessairement la bonne. Dans le cinquième, elle n'était pas la source. Le point commun : un curage ne répond à aucune de ces situations, et le devis de curage ne pose jamais la question.

Quand le curage est tout de même le bon geste

Il existe un cas où les dépôts sont bien la cause : une colonne encrassée dont les dépôts fermentent, avec des écoulements lents, des refoulements en pied de colonne et une odeur qui suit le débit. Un rapport d'inspection caméra le montre : réduction de section, dépôts meubles, stagnation.

Même dans ce cas, le curage seul achète du temps. La colonne se réencrasse à la vitesse d'avant, et le calendrier des curages se resserre d'une campagne à l'autre. La réponse durable est une remise à niveau suivie d'un entretien qui empêche la fermentation de reprendre : c'est l'objet du dossier sur le plan de maintenance des réseaux, et de la maintenance biologique qu'ALSBOM met en place après remise à niveau.

Casser le cycle avant la troisième intervention

La séquence qui tient est toujours la même : vérifier ce qui se vérifie en 48 heures, puis chercher le cheminement avec les outils qui le montrent, puis traiter la cause identifiée. Elle coûte moins cher que le troisième curage et se documente.

  1. Remettre en eau tous les siphons du secteur, sanitaires condamnés et siphons de sol compris, et noter si l'odeur revient sous 48 heures. Si elle ne revient pas, c'était une garde d'eau ; la question devient celle d'une consigne d'exploitation.
  2. Relever la chronologie : où, quand, par quelle météo, après quels travaux. Une odeur apparue après un réaménagement de plateau vient presque toujours du réaménagement.
  3. Programmer une recherche d'odeurs : enquête auprès des occupants, test fumigène, traceurs, inspection caméra si la fumée ne suffit pas. Sur un site en exploitation, elle se déroule en une journée ou une nuitée.
  4. Traiter la cause localisée : réparation d'un joint, dégagement d'un évent, siphon à garde d'eau permanente, rééquilibrage de la ventilation. Puis, si la colonne le demande, remise à niveau et entretien.

Ce qu'il faut demander au prestataire au deuxième passage

Le deuxième passage est le moment où la question change de nature. Quatre demandes suffisent à savoir si l'on a affaire à un dépanneur ou à un diagnostic.

  • Qu'avez-vous traité la première fois, et sur quelle colonne ? La réponse doit nommer la colonne et décrire l'état constaté, pas seulement la prestation.
  • Avez-vous une preuve caméra de l'état avant et après ? Sans elle, personne ne sait si les dépôts étaient la cause.
  • Avez-vous vérifié les siphons et la ventilation en toiture ? Ce sont les deux cheminements les plus fréquents, et les moins coûteux à contrôler.
  • Proposez-vous un test fumigène ? C'est le test qui localise. Un prestataire qui ne l'a pas dans son offre traitera à nouveau les dépôts.

Un troisième devis de curage sur la même colonne n'est pas un échec à cacher au bailleur : c'est la pièce du dossier qui justifie de passer au diagnostic.

Questions fréquentes

Pourquoi l'odeur revient-elle toujours au même endroit après un curage ?

Parce que le curage retire des dépôts mais ne touche pas au passage par lequel les gaz entrent dans le local : siphon sec, évent obstrué, joint ou raccordement défectueux, dépression. Le passage reste, les gaz se reforment en deux à quatre semaines et l'odeur revient là où elle sort.

Faut-il refaire un curage quand l'odeur revient ?

Non, sauf si un rapport caméra montre des dépôts en fermentation qui sont bien la cause. Dans tous les autres cas, le geste utile est une recherche d'odeurs (fumigène, traceurs, caméra) qui localise le cheminement, puis la réparation ciblée.

Combien de temps l'odeur met-elle à revenir après un curage sans diagnostic ?

En général deux à quatre semaines : le temps que l'activité biologique du réseau reprenne et que les gaz se reforment. Si l'odeur revient en quelques jours, la cause n'a aucun rapport avec les dépôts.

Que vérifier soi-même avant de rappeler un prestataire ?

Remettre en eau tous les siphons du secteur, y compris ceux des sanitaires condamnés et des locaux techniques, et noter si l'odeur revient sous 48 heures. Relever où, quand et après quels travaux elle apparaît. Ces deux éléments accélèrent le diagnostic.

Le dossier complet : l'odeur dans un bâtiment occupé

Cet article fait partie du dossier sur les odeurs persistantes en immeuble tertiaire : lire l'odeur, ce que le gestionnaire vérifie en 48 heures, la recherche d'odeurs en site occupé, la réponse aux occupants.

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