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Curage hydrodynamique ou maintenance biologique : ce que chaque méthode traite, et ce qu'elle laisse

Un devis dit « curage », l'autre dit « traitement biologique », et le gestionnaire doit choisir sans savoir ce que chacun laissera dans la colonne le lendemain. Cet article compare les méthodes sur ce qu'elles font réellement au réseau : ce qu'elles retirent, ce qu'elles laissent, ce qu'elles coûtent au réseau lui-même, et le cas où chacune a sa place.

Mis à jour le · Rédaction ALSBOM

Ce qu'il y a dans une colonne, et pourquoi la méthode compte

Une colonne d'eaux vannes ne s'encrasse pas comme une colonne d'eaux usées. La première reçoit les sanitaires et les urinoirs : le tartre urinaire et le calcaire y forment des couches dures qui réduisent la section année après année. La seconde reçoit les offices et la restauration : graisses, savons et matières organiques y forment des dépôts meubles et un biofilm qui fermentent. Chaque méthode agit sur l'un de ces dépôts et pas sur l'autre ; c'est la première chose à vérifier dans un devis qui parle de « curage » sans dire de quoi.

L'hydrocurage : ce qu'il retire, ce qu'il laisse

L'hydrocurage, ou curage hydrodynamique, envoie de l'eau à 150 à 250 bar par une buse tractée dans la canalisation. Le jet arrière propulse la buse et décolle boues, graisses et dépôts meubles, que le camion aspire ensuite. C'est la méthode de référence des entreprises d'assainissement, et elle reste irremplaçable sur un collecteur enterré fortement obstrué ou sur un réseau récent qu'il faut remettre à niveau vite.

  • Ce qu'il retire : les dépôts meubles sur toute la longueur traitée, en une intervention.
  • Ce qu'il laisse : le tartre dur en grande partie, la cause de l'encrassement en totalité, et des parois rugueuses qui se réencrassent plus vite.
  • Ce qu'il coûte au réseau : sur une colonne ancienne, en fonte ou avec des joints fatigués, la pression répétée finit par créer les fuites qu'elle était censée prévenir.
  • Ce qu'il coûte au site : plusieurs mètres cubes d'eau par intervention, un camion, un accès, du bruit et des odeurs pendant le pompage, souvent une nuitée.

Son effet dure de quelques mois à deux ans selon l'usage de la colonne. La fréquence de retour n'est pas une fatalité : elle mesure la vitesse à laquelle la cause, jamais traitée, reforme le dépôt.

Curage mécanique et détartrage chimique

Le curage mécanique (furet, chaîne rotative) gratte le tartre dur qu'une buse ne décolle pas. Il traite un bouchon ou un tronçon, pas une longueur ; il abrase les parois, fait du bruit et des poussières, et demande un opérateur expérimenté sur une colonne ancienne.

Le détartrage chimique dissout le tartre à l'acide (chlorhydrique, sulfamique) ou les graisses à la soude. Le résultat est visible vite, sans gros matériel, et c'est là que s'arrêtent ses avantages :

  • corrosion des métaux, des joints et des appareils sanitaires, avec des dégâts parfois différés ;
  • risques pour les intervenants et les occupants : vapeurs, projections, réactions avec d'autres produits ;
  • rejets acides ou basiques dans le réseau public, incompatibles avec la plupart des règlements d'assainissement et avec les chartes des immeubles certifiés ;
  • parois laissées rugueuses, donc réencrassement accéléré.

La maintenance biologique : ce qu'elle empêche, ce qu'elle ne fait pas

La maintenance biologique repose sur des bactéries et des enzymes sélectionnées pour dégrader les graisses, les matières organiques et la fraction organique du tartre. Injectées régulièrement dans les colonnes, les bacs à graisses et les fosses, elles s'installent dans le réseau et consomment les dépôts avant qu'ils ne s'accumulent. Sur le tartre en place, elles travaillent couche par couche, des plus récentes vers les plus anciennes : pas de bloc qui se décroche. Le biofilm qu'elles forment protège ensuite les parois.

  • Ce qu'elle empêche : la reformation des dépôts, la fermentation qui produit les odeurs, et donc les curages d'entretien et les urgences.
  • Ce qu'elle demande : un état des lieux à la caméra, une remise à niveau du réseau s'il est très encrassé, un dosage par colonne selon les usages, et des passages réguliers (deux par mois sur les sites suivis par ALSBOM) avec un suivi documenté.
  • Ce qu'elle ne fait pas : réparer une casse, corriger une contre-pente, remplacer une colonne en fin de vie. Elle entretient un réseau sain ou remis à niveau, elle ne répare pas.

Le comparatif critère par critère

CritèreHydrocurageDétartrage chimiqueMaintenance biologique
NatureCuratif, ponctuelCuratif, ponctuelPréventif, continu
Dépôts traitésMeubles (graisses, boues) ; tartre dur en partieTartre et graisses, avec temps de contactFormation des dépôts elle-même ; tartre en place couche par couche
Durabilité du résultatQuelques mois à deux ans selon l'usageQuelques moisPermanente tant que le traitement est suivi
Eau consomméePlusieurs m³ par interventionFaibleNulle en fonctionnement
Agressivité pour le réseauForte sur les réseaux anciens et les jointsCorrosion des métaux et des jointsAucune
OccupantsBruit, odeurs, accès, souvent une nuitéeProduits dangereux, vapeursPassages discrets en horaires ouvrés
RejetsBoues à évacuer, bordereauEffluents acides ou basiquesConformes, biodégradables
UrgencesReviennent entre deux campagnesReviennent viteDeviennent exceptionnelles
BudgetCampagnes à répéter, plus les urgencesFaible à l'acte, coûts différésRedevance annuelle connue, après audit

La séquence qui tient sur un parc tertiaire

Le bon choix n'est pas une méthode, c'est un ordre. Un réseau abandonné pendant des années, un collecteur obstrué par des boues, un chantier qui a laissé des gravats dans les canalisations : il faut d'abord rendre sa section au réseau. ALSBOM réalise ces remises à niveau avec un curage doux basse pression, moins agressif que l'hydrocurage classique, et réserve la haute pression aux tronçons qui l'exigent, localement, après repérage à la caméra.

La différence tient à ce qui vient après. Sans entretien, le curage devra être refait, et un devis de curage qui ne dit rien de la suite est un devis de passage. Avec la maintenance biologique, le curage devient l'exception : c'est la logique appliquée sur des sites suivis depuis plus de dix ans, comme la tour Europlaza ou l'Espace EOS, entretenus biologiquement depuis 2012.

Questions fréquentes

La maintenance biologique remplace-t-elle complètement le curage ?

Elle remplace les curages d'entretien. Un réseau très encrassé est d'abord remis à niveau, en général par un curage doux basse pression ; le traitement biologique empêche ensuite le réencrassement et rend les curages exceptionnels.

Les bactéries sont-elles dangereuses pour les occupants ou pour les canalisations ?

Non. Les souches utilisées sont non pathogènes, issues d'une gamme environnementale, et n'attaquent ni les métaux, ni les joints, ni les matières plastiques. Elles ne dégradent que les matières organiques, les graisses et la part organique du tartre.

Combien de temps faut-il pour voir l'effet d'un traitement biologique ?

Les écoulements s'améliorent en quelques semaines lorsque le réseau a été remis à niveau au préalable. L'effet complet, un réseau qui reste propre sans intervention curative, se mesure sur la durée du contrat, avec les contrôles caméra de suivi.

L'hydrocurage abîme-t-il vraiment les canalisations ?

Répété sur des réseaux anciens, oui : la pression sollicite les joints, les raccords et les fontes fragilisées, et peut provoquer des fuites. Sur un réseau récent en bon état, un hydrocurage occasionnel ne pose pas de problème ; c'est la répétition qui use.

Peut-on utiliser des produits enzymatiques du commerce à la place d'un contrat ?

Les produits grand public agissent localement et brièvement. Un réseau d'immeuble demande des souches adaptées, un dosage calibré par colonne, une remise à niveau initiale et un suivi : c'est ce qui fait la différence entre un produit et une maintenance.

Le dossier complet : construire le plan de maintenance

Ce comparatif fait partie du dossier sur l'entretien des réseaux d'évacuation d'un parc tertiaire : méthodes, fréquences, lecture des devis, budget.

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