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Certifications environnementales : ce que l'entretien des réseaux apporte au dossier

Les réseaux d'évacuation ne figurent dans aucune grille de certification sous leur nom. Ils y figurent pourtant quatre fois, sous d'autres noms : l'eau consommée par l'entretien, les déchets qu'il produit, la maintenance planifiée des équipements et la qualité de l'air des locaux. Cet article dit où, pour chaque référentiel, et quelles pièces un entretien documenté apporte au dossier.

Mis à jour le · Rédaction ALSBOM

Où les réseaux apparaissent dans les référentiels

Un asset manager qui prépare une certification d'exploitation ou son renouvellement cherche des points sur des thèmes qu'il maîtrise déjà : énergie, eau, déchets, confort. Les réseaux d'évacuation n'y sont jamais nommés, ce qui explique qu'on les oublie. Ils y sont pourtant, sur quatre thèmes.

RéférentielThèmes concernésCe que l'entretien des réseaux y apporte
HQE Exploitation (Certivéa)Gestion de l'eau, déchets d'activité, maintenance et pérennité des performances, qualité sanitaire de l'airUne consommation d'eau d'entretien mesurée et réduite, des déchets tracés, une maintenance planifiée et documentée, l'absence d'odeurs et de produits volatils dans les locaux
BREEAM In-Use (Part 1 actif, Part 2 gestion)Water, Resources et déchets, Pollution, Health and Wellbeing, ManagementProcédures de maintenance écrites, suivi des consommations, gestion des déchets, produits sans rejet chimique, qualité de l'air intérieur
LEED O+M (Operations and Maintenance)Water Efficiency, Materials and Resources (achats et déchets), Indoor Environmental Quality, Sustainable Sites (gestion du site)Politique d'achats responsables, produits d'entretien à faible impact, gestion des déchets, air intérieur
Reporting extra-financier, questionnaires investisseursIndicateurs eau, déchets, fournisseurs, risques physiques sur l'actifDes indicateurs chiffrés par site et un risque de sinistre réseau documenté plutôt qu'inconnu

Le dossier décret tertiaire et réseaux d'évacuation le rappelle : le décret ne parle que d'énergie, mais le reporting et les certifications comptent l'eau, les déchets et la maintenance. C'est par là que les réseaux entrent dans le dossier.

L'eau : ce que consomme l'entretien, et ce qu'il économise

Un curage hydrodynamique consomme de l'eau en quantité : un camion, une pompe, plusieurs mètres cubes par colonne, plusieurs fois par an sur un immeuble mal entretenu. Cette eau est comptée nulle part, sauf dans les grilles qui demandent la consommation liée à l'exploitation.

La maintenance biologique remplace l'essentiel de ces passages par un traitement dosé qui empêche les dépôts de se former. Sur les sites que nous suivons, la consommation d'eau liée à l'entretien des réseaux baisse de 60 %, et la consommation d'énergie (gazole des camions, électricité des pompes) de 80 %. Ces deux chiffres se documentent par site, avec le nombre de passages évités.

Les déchets : ce que l'on retire du réseau, et sa traçabilité

Les matières de curage, les boues d'un bac à graisses, les déchets d'une fosse de relevage sont des déchets d'exploitation, et leur élimination se trace : bordereau, filière, quantité. Un dossier de certification demande cette traçabilité ; un dossier d'assainissement de collectivité aussi, pour les bacs à graisses des activités de restauration.

  • Les bordereaux de suivi de chaque enlèvement, avec la filière de traitement.
  • Le registre d'entretien des bacs à graisses et des séparateurs, avec les dates et les quantités.
  • La réduction à la source : un réseau qui ne forme plus de dépôts produit moins de matières à évacuer, ce qui se mesure d'une année sur l'autre.
  • Les matériaux déposés lors des réparations : fonte recyclée, amiante-ciment sous plan de retrait, avec leurs justificatifs.

La maintenance planifiée : le thème où les réseaux pèsent le plus

Toutes les grilles d'exploitation valorisent une maintenance planifiée, documentée et suivie, par opposition à une exploitation qui répare quand ça casse. Sur les réseaux d'évacuation, la différence entre les deux est visible : d'un côté des interventions d'urgence sans rapport, de l'autre un contrat, un plan, des rapports caméra et des indicateurs.

  1. L'inventaire des ouvrages : colonnes, collecteurs, bacs à graisses, fosses de relevage, ventilations en toiture.
  2. Le plan d'entretien par ouvrage, avec ses fréquences et ses points de contrôle.
  3. Les rapports d'état : inspection caméra à l'entrée du contrat puis périodique, tronçon par tronçon.
  4. Les comptes rendus d'intervention et l'historique des urgences, dont le nombre doit baisser d'une année sur l'autre.
  5. Les indicateurs : eau et énergie consommées par l'entretien, déchets évacués, interventions d'urgence, plaintes d'odeurs.

Ce sont les mêmes pièces que celles du dossier réseaux d'un actif décrit dans le pilier du dossier. Un dossier tenu pour la certification sert à l'expertise, à la cession et au bail ; il n'y a pas à le constituer deux fois.

L'air intérieur : les odeurs et les produits

La qualité sanitaire de l'air des locaux est un thème de toutes les grilles, et une odeur de canalisation sur un plateau est un point perdu autant qu'une plainte. Un réseau entretenu, des siphons en eau, une ventilation primaire contrôlée : c'est ce qui tient ce thème dans la durée.

Les produits comptent aussi. Un entretien par produits chimiques agressifs (déboucheurs acides ou basiques, désinfectants) rejette dans le réseau et émet dans les locaux ; un entretien biologique n'émet rien de volatil et ne rejette pas de substance dangereuse. Les fiches de données de sécurité des produits utilisés font partie du dossier.

Ce que le mode de faire ajoute : proximité et réparation

Au-delà des grilles, deux pratiques comptent dans un reporting fournisseurs et dans la cohérence d'une démarche. La première est de réparer et de pérenniser plutôt que de remplacer : une colonne dont un tronçon est repris dure, une colonne remplacée par précaution consomme des matériaux et des semaines de chantier. La seconde est la proximité : les siphons de sol que nous posons viennent de Pont-sur-Seine, dans l'Aube, à une centaine de kilomètres de nos locaux, et nos équipes sont internes.

ALSBOM a construit sa maintenance biologique sur ces exigences, dans une démarche de management environnemental conduite sur le modèle de la norme ISO 14001 : produits choisis et dosés, eau et énergie mesurées, déchets tracés. Elle est en place sur des actifs certifiés comme Place de Seine (HQE Exploitation), Inspira (BREEAM In-Use), l'Espace EOS et le Tribunal judiciaire de Paris (HQE). Les pièces décrites dans cet article sont celles que nous remettons à ces sites pour leur revue annuelle.

Questions fréquentes

L'entretien des canalisations compte-t-il pour une certification HQE ou BREEAM ?

Oui, sous quatre thèmes : la gestion de l'eau (consommation liée à l'entretien), les déchets et leur traçabilité, la maintenance planifiée et documentée des équipements, et la qualité de l'air intérieur (odeurs, produits). Les réseaux n'y sont pas nommés, mais un entretien documenté alimente chacun de ces thèmes.

Quelles pièces verser au dossier de certification pour les réseaux d'évacuation ?

L'inventaire des ouvrages, le contrat et le plan d'entretien, les rapports d'inspection caméra datés, les comptes rendus d'intervention, les bordereaux de déchets et le registre des bacs à graisses, les fiches de données de sécurité des produits, et des indicateurs annuels : eau et énergie d'entretien, déchets, urgences, plaintes.

La maintenance biologique réduit-elle vraiment la consommation d'eau ?

Oui : en supprimant l'essentiel des curages hydrodynamiques, elle réduit de 60 % l'eau consommée par l'entretien des réseaux et de 80 % l'énergie (gazole, électricité), sans rejet de produit chimique. Ces chiffres se documentent par site avec le nombre de passages évités.

Les certifications d'exploitation exigent-elles une inspection des colonnes ?

Non, aucune ne l'exige nommément. Elles valorisent une maintenance planifiée et documentée des équipements ; un rapport d'inspection caméra périodique en est la preuve la plus solide pour les réseaux, et il sert aussi au dossier de l'actif en cas de cession ou d'expertise.

Le dossier complet : patrimoine et conformité

Cet article fait partie du dossier sur le décret tertiaire et les réseaux d'évacuation : ce que le texte impose et n'impose pas, le coût de ne rien faire, le dossier réseaux d'un actif.

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