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ISO 14001 chez un prestataire : ce que le donneur d'ordre y gagne concrètement

« ISO 14001 » figure sur la plupart des réponses aux appels d'offres de maintenance, et rares sont les acheteurs qui savent ce que la mention change à la prestation. Cet article répond à la question du donneur d'ordre, pas à celle du candidat à la certification : qu'est-ce que la norme demande, qu'est-ce qu'elle ne garantit pas, et qu'est-ce qu'un propriétaire ou un gestionnaire obtient de concret d'un prestataire de réseaux d'évacuation qui l'applique.

Mis à jour le · Rédaction ALSBOM

Ce qu'est la norme ISO 14001

L'ISO 14001 est la norme de référence de la famille ISO 14000, publiée par l'Organisation internationale de normalisation ; sa version en vigueur date de 2015. Elle décrit les exigences d'un système de management environnemental, applicable à toute organisation quels que soient sa taille et son secteur. Elle ne fixe aucun seuil d'impact : elle demande une méthode, et que cette méthode tourne.

Ce que la norme demandeCe que cela signifie chez un prestataire de réseaux
Identifier les aspects environnementaux de l'activité et leurs impactsProduits injectés dans les réseaux, eau et carburant des curages, déchets de curage et de bacs à graisses, déplacements, nuisances en site occupé
Connaître et suivre les obligations de conformitéRèglements d'assainissement, transport et traçabilité des déchets, fiches de données de sécurité, produits autorisés
Fixer des objectifs et planifier les actionsRéduction de l'eau et de l'énergie par intervention, substitution des produits chimiques, baisse des déchets
Écrire les procédures, former, maîtriser les sous-traitantsModes opératoires d'intervention, habilitations, exigences imposées aux sous-traitants s'il y en a
Mesurer, auditer en interne, corrigerIndicateurs par site, audits internes, traitement des écarts
Revue de direction et amélioration continueLe système est revu chaque année et les objectifs relevés

La certification est délivrée par un organisme certificateur accrédité (en France, par le COFRAC), après un audit initial en deux étapes, puis maintenue par des audits de surveillance annuels et un audit de renouvellement au bout de trois ans. Une organisation peut aussi appliquer la norme sans se faire certifier : la démarche existe, le certificat non.

Ce que la norme ne garantit pas

  • Un résultat technique. Un réseau propre, une odeur résolue, une colonne préservée ne sont pas des exigences de la norme. Elle porte sur la manière de travailler, pas sur ce qui est obtenu.
  • Un niveau d'impact. Deux prestataires certifiés peuvent consommer des quantités d'eau ou de produits très différentes : la norme demande de mesurer et de progresser, pas d'atteindre un seuil.
  • Le périmètre. Un certificat couvre un périmètre défini (activités, sites) ; la prestation achetée peut en être exclue. Le périmètre figure sur le certificat.
  • La transmission des pièces. Rien n'oblige un prestataire certifié à remettre ses indicateurs à ses clients. C'est le contrat qui le prévoit.

Ce que le donneur d'ordre y gagne, concrètement

Sur un contrat d'entretien de réseaux d'évacuation, un prestataire qui applique la norme, certifié ou non, produit des éléments qu'un prestataire classique ne produit pas. Ce sont eux qui ont une valeur pour le propriétaire, parce qu'ils entrent dans ses propres dossiers.

Ce que le prestataire produitCe que le donneur d'ordre en fait
Fiches de données de sécurité et composition des produits injectés dans les réseauxDossier qualité de l'air et pollution des certifications ; réponse aux occupants sur ce qui est versé dans les colonnes
Consommations d'eau et d'énergie par intervention et par siteIndicateurs eau et énergie du reporting extra-financier et des grilles d'exploitation
Bordereaux de suivi des déchets et registres d'entretien des bacs à graissesJustificatifs pour le règlement d'assainissement et le thème déchets des certifications
Veille et suivi des obligations réglementaires applicables aux réseauxUne conformité documentée plutôt que supposée ; un interlocuteur qui signale ce qui change
Procédures d'intervention en site occupé et maîtrise des sous-traitantsMoins de nuisances et d'incidents ; une responsabilité claire sur un lot que le mainteneur multitechnique ne sait pas traiter
Indicateurs annuels et revue du contratUn contrat piloté sur des chiffres (urgences, plaintes, déchets, eau) et non sur des passages

Le dossier décret tertiaire et réseaux d'évacuation décrit le dossier réseaux d'un actif ; la moitié de ses pièces viennent du prestataire. Un prestataire sous management environnemental les produit par construction.

Ce qu'il faut demander dans un appel d'offres

  1. Le certificat et son périmètre, s'il existe, ou la description de la démarche si l'organisation applique la norme sans certification.
  2. La liste des produits injectés dans les réseaux, avec leurs fiches de données de sécurité et l'absence de substances dangereuses rejetées.
  3. Les consommations d'eau et d'énergie par intervention type, comparées à un curage hydrodynamique.
  4. La filière des déchets et les bordereaux remis au client à chaque enlèvement.
  5. Les indicateurs que le prestataire s'engage à remettre chaque année, et leur format.
  6. Les procédures en site occupé : détection incendie, information des occupants, nuisances, horaires.
  7. Les sous-traitants : lesquels, pour quoi, et sous quelles exigences.

Ces sept demandes tiennent en une page de cahier des charges et départagent mieux les candidats que la mention ISO 14001 seule.

Où en est ALSBOM

ALSBOM a conçu sa maintenance biologique pour répondre aux exigences de la norme ISO 14001 et conduit sa démarche de management environnemental sur ce modèle : produits biologiques et physico-chimiques formulés en interne, choisis et dosés par colonne ; eau et énergie mesurées par intervention, avec 60 % d'eau et 80 % d'énergie en moins qu'un curage hydrodynamique ; déchets tracés ; équipes internes ; fournisseurs de proximité. Les pièces décrites dans cet article sont celles que nous remettons aux propriétaires et gestionnaires des sites que nous suivons, dont plusieurs actifs certifiés HQE Exploitation et BREEAM In-Use.

Pour un donneur d'ordre, la question à nous poser n'est pas « êtes-vous ISO 14001 » mais « que remettez-vous, et quand ». La réponse tient dans le contrat : un rapport caméra initial, des comptes rendus à chaque passage, des bordereaux à chaque enlèvement et une revue annuelle chiffrée.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la norme ISO 14001 ?

La norme internationale des systèmes de management environnemental, version 2015. Une organisation identifie les impacts de son activité, suit ses obligations réglementaires, fixe des objectifs, écrit ses procédures, mesure et corrige. La certification est délivrée par un organisme accrédité après audit, puis maintenue par des audits de surveillance sur un cycle de trois ans.

Un prestataire certifié ISO 14001 est-il forcément plus écologique ?

Non. La norme garantit une méthode vérifiable, pas un niveau d'impact ni un résultat technique. Deux prestataires certifiés peuvent consommer des quantités d'eau ou de produits très différentes. Ce qui compte pour l'acheteur, ce sont les pièces produites : produits, consommations, déchets, indicateurs.

Que demander à un prestataire de réseaux au titre de l'ISO 14001 ?

Le certificat et son périmètre, la liste des produits injectés avec leurs fiches de sécurité, les consommations d'eau et d'énergie par intervention, la filière et les bordereaux des déchets, les indicateurs annuels remis au client, les procédures en site occupé et la liste des sous-traitants.

À quoi servent ces pièces pour un propriétaire ?

Elles entrent telles quelles dans le dossier réseaux de l'actif, dans les grilles des certifications d'exploitation (eau, déchets, maintenance, air intérieur) et dans le reporting extra-financier. Un prestataire sous management environnemental les produit par construction ; le contrat doit prévoir leur remise.

Le dossier complet : patrimoine et conformité

Cet article fait partie du dossier sur le décret tertiaire et les réseaux d'évacuation : ce que le texte impose et n'impose pas, le coût de ne rien faire, le dossier réseaux d'un actif.

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